Laboratoire ODD18 Culture · 1er et 2 octobre 2026
La Chartreuse de Neuville : quand un grand patrimoine rural centre culturel de rencontre renaît et devient un catalyseur de cohésion sociale par la culture sur territoire
Les 1er et 2 octobre 2026, la Chartreuse de Neuville a accueilli le premier démonstrateur du Laboratoire ODD18 Culture. En tant que membres fondateurs du Collectif ODD18 Culture, Isabelle Cussac y a pris la parole puis animé quatre sessions de l’atelier « Robustesse économique et emploi ».
Un laboratoire pour un 18e Objectif de développement durable
En 2015, le monde s’est donné 17 Objectifs de développement durable. La culture y est présente, mais seulement en filigrane, jamais comme un objectif à part entière. Alors que se prépare l’agenda d’après 2030, le Collectif ODD18 Culture, né de l’engagement de Coop-Cité et de la Maison de l’Europe de Paris, veut faire reconnaître la culture comme facteur de cohésion sociale, de robustesse territoriale et de paix.
Le Laboratoire ODD18 donne à ce plaidoyer ce qui lui manque le plus : des preuves vivantes. Trois territoires de recherche-action sont prévus. La Chartreuse de Neuville est le démonstrateur rural. Le démonstrateur périurbain réunit Mains d’Œuvres, le 6B, Les Poussières et le collectif Pot Kommon, en Seine-Saint-Denis. Le démonstrateur urbain, en cours de constitution, illustrera la ville, à Paris.
Neuville, un laboratoire à cœur ouvert
La rencontre s’est tenue sous le patronage de la Commission nationale française pour l’UNESCO, à l’invitation du Collectif ODD18 Culture dans le cadre du programme Laboratoire ODD18 Culture. Ce programme vise à nourrir la démonstration de ce que la culture produit déjà sur les territoires, au travers de lieux démonstrateurs. La Chartreuse de Neuville est le 1er démonstrateur.
Alexandre Navarro et François Laurent de l’UNESCO, Victor Delage, fondateur de l’Institut Terram, Jordi Pascal, coordinateur de l’agenda 21 pour la culture, CGLU, Michelle Stien pour Coop-Cité, Ursula Serafin pour la Maison de l’Europe de Paris, Ariane Vitou pour la Fondation Terre & Fils et bien sûr Alexia Noyon pour l’association de la Chartreuse de Neuville, ont porté l’évènement auquel plus de 150 citoyens ont participé.
Il posait une question : comment la culture et le patrimoine construisent-ils la cohésion sociale et contribuent-ils au développement des territoires ?
La Culture est un terreau de cohésion sociale et de paix, c’est ce que porte le plaidoyer déjà publié par le Collectif.
De par son histoire, son vécu, ceux qui ont présidé à sa construction comme à sa vie, et, enfin, par la renaissance dont elle a fait l’objet sous l’impulsion d’une association d’intérêt général ancrée dans le territoire, le lieu est un démonstrateur puissant de ce qu’un grand patrimoine rural qui appartient à tous car il n’appartient à personne irrigue, diffuse, et engendre.
Ce monastère a connu la prière et le silence, puis les révolutions, les guerres et l’abandon. Il est toujours debout. Pas parce qu’il était le plus rentable ni le plus efficace, mais parce que des femmes et des hommes ont décidé, ensemble, d’en prendre soin, voilà 18 ans.
Chacun des ateliers a permis de mettre en évidence, sans idée préconçue et par la société civile, tout ce que la Chartreuse produit et ne se voit pas, n’est pas compté, n’est pas vu, et, comme les services rendus par la nature, est vital à la société.

Plénière d’ouverture, jeudi 1er octobre.

Plénière d’ouverture, vendredi 2 octobre.

Atelier robustesse territoriale.
« La culture, c’est ce qui fait tenir un territoire. »
Plénière d’ouverture, 1er octobre 2026
La robustesse pour lire cette expérience
Le biologiste Olivier Hamant nous le rappelle : le vivant n’est pas performant, il est robuste. Il tient quand ça secoue. Un territoire robuste, de la même façon, continue à vivre, à faire travailler des gens et à garder ses savoir-faire, même dans les coups durs.
La culture y joue un rôle irremplaçable. Elle tisse des liens qui se croisent et se renforcent. Elle transmet des savoir-faire d’une génération à l’autre. Elle crée une activité qui ne se délocalise pas. Sa valeur ne se mesure donc pas seulement en fréquentation ou en retombées économiques. Elle se mesure aussi à ce qu’elle renforce de notre robustesse collective.


Les ateliers du Démonstrateur
Sept ateliers participatifs ont exploré les défis du territoire par la culture : hospitalité, jeunesse, santé, attachement au territoire, transition écologique, droits culturels.
- Robustesse économique et emploi
- Hospitalité, lien et cohésion sociale
- Jeunesse, éducation et transmission
- Santé, bien-vieillir et vulnérabilité
- Attachement au territoire, attractivité et rayonnement
- Transition écologique et adaptation des territoires
- Accès aux droits culturels, pratiques et créations artistiques
En somme, nous avons recueilli ce que les chiffres ne disent pas. Nous avons fait émerger la valeur qui n’a pas de prix.



Et maintenant
Les contributions des ateliers sont rassemblées. Elles nourriront le rapport du Laboratoire ODD18, le plaidoyer porté avec la Commission nationale française pour l’UNESCO, et les États généraux des grands patrimoines ruraux en 2027. L’Académie de la Robustesse, partenaire du Laboratoire, poursuivra ce travail sur les démonstrateurs suivants.
